Dès 1820, l'essentiel du trafic passagers est assuré, sur l'estuaire, par des bateaux à roues à aubes, mues par la vapeur. D'abord réservé à la riche clientèle des bourgeois bordelais et des propriétaires médocains, ce mode de transport s'est considérablement démocratisé.

 

Bateau à roues à Vitescale

 

 

 

 

 

Un bateau à roues amarré au ponton de Vitescale

 

Un moyen de transport et d'agrément

Il permet quatre jours sur sept d'aller de Bordeaux à Royan par Macau et Pauillac, avec plusieurs escales dans le Blayais : à la Reuille, au Rigalet, à la Roque de Thau. Un autre vapeur assure un service régulier entre Blaye et Lamarque, tous les mercredi et samedi. Chaque débarcadère présente la curieuse silhouette de la passerelle mobile, qui s'élève et s'abaisse avec la marée. Entre elle et le navire, un ponton, bateau désarmé qui sert de marchepied : triste fin de carrière !

Les témoignages ne s'accordent pas sur le confort et la sûreté du voyage en steamer.

Gérard de Senimose (Blavia, N° 6, novembre 1906) nous raconte quelques mésaventures. « Pour les amateurs d'imprévu, ce mode de voyager offre toutes garanties : on n'est jamais sûr de partir et encore moins d'arriver. Quelquefois, à marée basse, l'antique FELIX s'enlise sur un banc de vase où il doit attendre, pendant quatre ou cinq heures, le retour du flot. Pour peu que le brouillard s'élève en même temps que le jusant, la suite est remise au lendemain, comme un vulgaire feuilleton. D'autres fois, la force des machines étant moindre que celle du courant, le navire torpille les pontons et donne aux passagers, sans supplément de prix, l'illusion d'une bataille navale ».

Le dimanche le bateau « à grande vitesse » est baptisé le « train de plaisir » par allusion à son rival direct : le chemin de fer. L'aller-retour (départ de Bordeaux) ne coûte que 2 francs. Le voyage dure quatre ou cinq heures. À peine a-t-on le temps de mettre le pied à Royan et les pieds dans l'eau. L'important se passe à bord. On y mange, on y danse ; on y cherche l'âme sœur, pendant que glisse sur les eaux noires le navire illuminé, dans des flots de musique...

 

Guy LATRY et Pierre BOYRIES
Hier dans le Blayais
édité  par le Syndicat d’Initiative de Bourg en 1980

 

 

La compagnie maritime

En 1869 fut fondée la Compagnie maritime Gironde et Garonne qui changea de nom au début du XXe siècle pour devenir la Compagnie maritime Bordeaux-Océan.

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Parmi les bateaux de la compagnie :
- le FÉLIX est qualifié d’antique en 1906.
- le FRANCE a eu l’occasion de transporter trois Présidents de la République, successivement Mac-Mahon, Félix Faure et Emile Loubet. Il naviguait donc entre 1875 et 1900 environ.
- le LAPRADE, rapide et maniable, fut réquisitionné en 1914 comme chasseur de sous-marins à l'entrée de la Gironde. Il fit même l'objet d'une citation.
- le GIRONDE ET GARONNE N°1 et le GIRONDE ET GARONNE N°2.
- le GIRONDIN a été signalé par Mme GOYON, de Marmisson, qui se souvient aussi qu’à Blaye les billets étaient vendus au kiosque à journaux disparu il y a quelques années.
- le LOT-ET-GARONNE, le VILLE DE ROYAN... et sans doute quelques autres.

 

Source : Guy MOUCHEL
Ports et Gabares de Gironde
Éditions Alan Sutton (2002)