Carte ds sits anciens

Gauriac : localisation des sites cités dans cet article

 

La Préhistoire

Les premières traces d'occupation humaine datent du Néolithique. À Roque de Thau, sur le site du Mugron, ont été découverts de l'outillage lithique (lames, grattoirs, haches polies, des pointes de flèche) et des tessons de céramique.

 

Même si le site a été en grande partie détruit par l'exploitation des carrières, sa position en hauteur, dominant l'estuaire, laisse envisager un habitat naturellement fortifié. 

 

 

Falaise du Mugron au XVIIe siècle

 

 

La falaise du Mugron au XVIIe siècle, elle avait encore peu changé depuis la Préhistoire (le château de Thau est visible sur la gauche).

Dessin de Hermann Van der Hem (milieu du XVIIe siècle)
Dessinateur Hollandais - Source : gallica.bnf.fr

 

 Le rocher blanc

 

 

 

 

Exploitée comme carrière, la falaise de Roque de Thau a aujourd'hui totalement disparu. Il n'en reste plus que le " Rocher blanc " situé, côté estuaire, juste après le panneau de sortie de Roque de Thau (que l'on distingue à l'arrière plan) sur la RD 669 E1.

 

Des outils, notamment des haches polies en silex, proviennent de l'abri sous-roche de Marmisson, de Peyror et du Piat. Beaucoup de ces objets sont actuellement conservés au Musée d'Aquitaine de Bordeaux dans les anciennes collections de François Dalleau qui a, en outre, découvert la grotte de Pair-non-Pair. De l'âge du bronze il nous reste une hache ainsi que des ciseaux et de l'âge du fer des tessons de céramique. 

 

L'Antiquité

Au lieu-dit La Couture, au sommet du coteau, en position panoramique sur l'estuaire et les campagnes environnantes, se trouvent les vestiges d'une villa gallo-romaine. Ce sont probablement ceux de la maison de maître (pars urbana) de la villa Gaviriacus. Il s'agit de divers éléments d'architecture (murs, arcatures, marbres, enduits...), de mobilier (céramiques, de débris de verrerie, de poids de tisserand, de quelques objets métalliques...), de monnaies en bronze (à l'effigie de Domitien [Ier siècle], de Tétricus [IIe, IIIe siècles] ou de Constantin Ier [IIIe siècle]) et de déchets de cuisine (os d'animaux, coquilles d'huîtres...). Un peu plus au sud, on  a retrouvé des tuiles à rebord, des déchets de fonderie et des céramiques qui pourraient provenir des bâtiments agricoles (pars rustica) de la même villa.

 

Tuiles à rebords gallo-romaines

 

 

 

 

 

 

Tuiles à rebord gallo-romaines  - Musée de Feurs (Loire)- CC Ursus

 

Les traces d'une deuxième villa gallo-romaine ont été décrites au Mugron (Roque de Thau) par le curé de Gauriac à la fin du XVIIIe siècle : " À la suite des terrasses de Tau est une vigne où l'on trouve quantité de morceaux de briques ainsi que des vestiges d'ancienne muraille bâtie sur le bord du rocher appelé le Mugron. Un peu à côté se trouve le chenal ou port de Roque de Tau ". Par ailleurs, un site d'habitat, plus modeste, a été découvert au Piat.

Deux petits bronzes antiques proviennent du Rigalet. L'un est une amulette, l'autre une figure d'Harpocrate (dieu du silence). Le lieu précis de la découverte est inconnu et la nature du site des plus floues (objets isolés, habitat, zone cultuelle ?). Sa position au pied de la falaise, dans un secteur d'accès difficile, peut surprendre (grottes naturelles ?). Mais l'environnement fut profondément modifié par l'exploitation des carrières. Le Rigalet possédait encore au XVIIIe siècle une résurgence importante où les bateaux venaient se ravitailler avant de prendre la mer (Vitescale). Dans la tradition locale, cette source passait pour être un lieu de culte ancien (" gaulois "). N'y aurait-il pas un lien entre les deux sites ?

 

Le Moyen Âge

À Gauriac, il n'existe aucune structure mérovingienne. Pourtant, c'est de cette époque, au VIIe siècle, que date le premier texte connu concernant la commune. Il fait mention de la donation d'un domaine en 677 par Hunald à Berarius, évêque du Mans. Il s'agit probablement des terres de l'ancienne villa Gaviriaco à La Couture. Celle-ci semblait alors abandonnée, mais comme pour la villa gallo-romaine de Plassac, l'exploitation agricole a pu survivre à la maison du maître.

L'église paroissiale Saint-Pierre de Gauriac est citée au XIIIe siècle mais certains de ses éléments architecturaux permettent d'envisager une fondation au moins dès le XIIe siècle. Voir l'article consacré à l'église Saint-Pierre de Gauriac.

Un " cimetière de Thau ", situé au Mugron, est attesté par divers textes. Les carrières ont probablement détruit l'essentiel du site. Cette nécropole est peut-être liée à un petit édifice religieux ou à un prieuré établi sur le plateau dominant l'estuaire. Une charte de 1098 révèle que l'abbaye Saint-Étienne de Vaux-sur-Mer possédait divers biens à cet endroit (Mons Mugronis). Un ermitage dit de Thau est encore signalé dans ce secteur dans la seconde moitié du XVe siècle (1480) et au XVIe siècle (en 1503 et entre 1516 et 1538). L'aspect de l'ensemble est inconnu.

 

 La tour de Peyror

 

 

 

 

 

 La tour de Peyror

 

 

Un habitat médiéval fortifié (?) partiellement conservé est établi sur une sorte de dôme argilo-calcaire à Peyror. Les constructions encore visibles incorporent une grande tour quadrangulaire massive. Elle semble plus ancienne que les autres bâtiments et pourrait être antérieure à l'époque moderne. Une seigneurie de Peyrord est attestée dès la fin du XVe siècle (1493), mais la maison noble du même nom n'est pas signalée avant l'époque moderne ; une chapelle lui est alors associée. Sa position avancée sur le plateau par rapport au château de Thau, tout en dominant la vallée et la route qui conduit à Gauriac, laisse volontiers croire à un établissement fortifié. Les éléments les plus anciens comme les ouvertures sont attribuables au XVIe siècle. Un établissement du même type pourrait être envisagé au Piat, plus à l'ouest.

 

Château de Thau

 

 

 

 

Habitat médiéval, le château de Thau est aujourd'hui l'établissement fortifié le mieux conservé du Bourgeais. Il est établi sur un promontoire rocheux de la rive gauche du Grenet (affluent de l'estuaire), sans doute en bordure de l'ancienne route menant à Bourg. Voir l'article consacré au château de Thau.

 

 

 

D'après Didier COQUILLAS
Les Rivages de l'estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen Âge
Thèse de Doctorat, Bordeaux III, 2001, tome II, volume 1, p. 391-400.

 

Repère chronologiques

La Préhistoire débute avec l'apparition de l'Homme et se termine avec celle de l'écriture. On la divise en deux périodes : le Paléolithique jusqu'à l'émergence de l'agriculture puis  le Néolithique qui  développe la pierre polie, la céramique avant que n'apparaisse la métallurgie, avec l'âge du bronze auquel succède l'âge du fer.

On distingue ensuite l'Antiquité qui se termine avec la chute de l'empire romain d'occident à la fin du Ve siècle. Au sein de cette période se situe l'époque gallo-romaine à partir de la conquête de la Gaule au IIe siècle avant J.- C.

Le Moyen Âge succède à l'Antiquité pour se terminer avec la Renaissance et les Grandes découvertes au XVe siècle. Il débute par la dynastie des Mérovingiens, du Ve au VIIIe siècle, à laquelle succèderont les Carolingiens du VIIIe au Xe siècle, les Capétiens du Xe au XIVe siècle, puis les Valois du XIVe au XVIe siècle.